Semi Marathon de Paris 2014

Bon sang ! Enfin !

ResultatSemi2014
Tout avait commencé par cet objectif fixé lors du mois d’octobre, soit six mois avant la date de la course. Cet objectif qui pour moi était de faire la course la plus longue en courant, soit un peu plus de vingt et un kilomètre. Une distance qui pour moi est au dessus de ce que je pense pouvoir courir. Dans semi marathon, il y’a marathon, le mot magique le truc pas possible, le gral. Des souvenirs de lorsque j’étais ado et que je faisais les entrainements avec les personnes de l’APJS ce club de course du jardin du Luxembourg, ou il y’a avait toutes les couleurs de la ville réunies, dans lequel j’étais inscris. Ce club dans lequel j’allais pour courir, que de souvenirs, à cette époque l’idée du marathon n’était pas existante, pas même un concept. Maintenant je suis partis pour faire la moitié, la moitié de ce truc un peu dingue qui est de courir, courir, mais courir longtemps.
L’inscription faite sur le site internet me laisse comprendre que je dois prendre la chose au sérieux. Il n’est pas question de se placer sur la ligne de départ sans quelques entrainement, c’est pas possible et ça serait juste complétement idiot. Courir plus d’une heure et demie sans entrainement ? Impossible.
semiQuelques recherches sur internet faites je trouve plusieurs plan de course. Pour dire la vérité je ne comprends pas vraiment tout le vocabulaire utilisé, du type AS21 2*4000m r 2’… Quel est ce charabia, quels sont les codes pour tout comprendre ?
Recherche après recherche je trouve les réponses à toutes mes questions. Je n’ai pas encore enfilé mes chaussures mais déjà j’ai appris pas mal de choses. Tout cela est très théorique d’accord mais tout de même je sors du status du néophyte complet, je peux à présent dans une conversation de salon faire illusion, j’ai les codes :-) !
Pour ce qui est de la partie théorique je ne me faisais pas trop d’inquiétude, un gars qui court c’est un gars qui court, la théorie cela devrait aller… Ben finalement il y’a quand même pas mal de petites choses à savoir.

Le plan d’entrainement choisi, il y’a eu le sujet des chaussures. Long épisode ou je me suis rendu compte que mes chaussures en 41,5 sont trop petites. Hé oui le pied gonfle pendant l’effort et plus ça dure longtemps plus ça gonfle. Certains conseillent de prendre une pointure en plus pour un marathon. Après avoir lu quelques articles sur le sujet il semble bien que cela soit exact. Donc mes chaussures sont trop petites il faut que je m’oriente vers une pointure plus grande, mais drame le modèle que j’utilise n’existe plus, il faut donc changer de modèle. Passé quelques soirée à analyser chaque modèle et à finalement me décider pour une paire d’Asics GT 2000. La commande passée les chaussures reçues se montreront vraiment top. La pointure en 42 sont finalement la bonne pointure. En tout cas choses amusante, depuis la course mon pied semble plus fort et mes chaussures de ville me semblent plus serrées, étonnant.

Les séances du plan d’entrainement se dérouleront les unes après les autres. Je ne peux pas dire que tout c’est passé facilement, ça serait mentir. De nombreuse fois je me suis posé la question de ‘mais pourquoi je fais ça ?’. Je pense que le plus difficile pour le moral c’est les séances sur stade. Tourner en rond comme un hamster franchement les premières fois il y’a quelque chose de pathétique, vraiment pathétique. Ensuite on y prend du plaisir, un peu comme lorsque l’on goute un plat nouveau ou immédiatement on semble ne pas aimer puis l’expérience se répétant on termine par apprécier la chose, doucement tout doucement. Le stade c’est ça, l’ambiance est étrange des gens tournent tous dans le sens des aiguilles d’une montre, mais pourquoi ? Au fur et à mesure des séances je finirais par connaitre chaque petit morceaux de cette piste, mais je pourrais encore y passer des heures. Les limites la recherche des limites, un sujet sans fin.

Dans cet objectif que je me suis fixé il y’a la distance mais pas seulement il y’a aussi le temps que je vise… C »est cette recherche du temps qui parfois va me conduire à considérer que c’est ambitieux courir longtemps c’est bien mais être à la bonne vitesse c’est autre chose et je vais vite m’en rendre compte. Viser un temps c’est avoir une vitesse de course, c’est pouvoir tenir un rythme, c’est donner une candence c’est ressentir la foulée c’est ressentir les limites de son corps, c’est forcément un dépassement de soi. La petite phrase qui m’accompagnera ou plutôt les petites phrases c’est « no pain no gain », c’est « la douleur est inévitable mais la souffrance optionnelle ». Pendant toute cette période d’entrainement je vais mettre mes autres passions, l’escalade et le vtt en sommeil au drame de mes amis qui ne vont pas beaucoup me voir. C’est échanger ces sessions faites avec mes amis par des sessions ou je vais être seul avec moi, seul à ma recherche, à la recherche de mes limites de mes capacités.

L’entrainement que je me suis fixé comprend trois séances par semaine, c’est beaucoup, beaucoup de temps. A raison d’une moyenne d’une heure par séance, c’est rentrer du travail me changer et aller courir, parfois avec l’envie parfois fatigué par les tracas d’une journée de travail avec la tête vraiment ailleurs. C’est avoir mal avant d’aller courir, mal aux jambes de la dernière séance pas encore complètement digérée. C’est avoir des douleurs dans le dos causées par deux séances trop rapprochées.

Les semaines passent les heures de course s’accumulent, les temps s’améliorent. Courir pendant une heure n’est plus un problème. Je suis maintenant dans la peau d’un coureur. Je connais la coulée verte sur le bout des orteils, je connais les enchainements, je suis capable d’accélérer dans les côtes, capable de pousser la machine pendant 5 à 10 minutes, mais mon problème c’est que je suis lent. Pas de doute je pourrais arriver à aller au bout mais pas en moins de deux heures. Dès que je laisse aller mon corps ma vitesse descend sous les dix km/h c’est inexorable. En poussant je n’arrive même pas à aller au rythme que j’ai en objectif. Est-ce que cet objectif est réaliste, franchement je n’en suis plus du tout sur. J’ai bien l’impression que mon ambition n’est pas en phase avec les moyens en ma possession.

Je consulte des vidéos sur internet pour observer les foulées, je vois que de ce côté j’ai beaucoup de progrès à faire. Je vais pour cela observer les coureurs et regarder leur façon d’attaquer le sol, par la pointe du pied, le déroulé du pied. Sans être trop intellectualisé, je vois bien qu’il faut que j’apprenne à courir. Je vais pendant mes séances m’appliquer à ressentir le mouvement de mes pieds. Je vais aller jusqu’à aller sur le stade courir pieds nus avec une température de quelques degrés. Les pieds sont pas vraiment chauds mais j’ai senti. Senti comment pouvoir courir pieds nus longtemps sans souffrance. Courir sur les pointes va me pousser à avoir une autre foulée, à positionner mon corps autrement. Les petits conseils de mes entrainement en club sont toujours présentes, certains souvenirs et certaines sensations reviendrons, des souvenirs en moi présent depuis plus de vingt ans. Des chose qui reviennent mais dont je n’avais plus aucun souvenir, des visages, des courses, des voyages en car. Les phrases comme relacher les épaules, ne pas avoir les mains fermées, tout ça revient. Les entrainement avancent, les vitesses s’améliorent mais la vitesse à atteindre semble peu réaliste de ma réalité.

Nous sommes à un mois avant la course pratiquement jour pour jour et il y’a les dix kilomètres de Malakoff. Je connais bien le parcours il passe sous mes fenêtres, je suis inscris. Je vais aborder cette épreuve comme un test, un test grandeur nature qui permettra de répondre à la question « est-ce que tous ces entrainement ont-ils étés utiles ? ». Quelques jours avant le test grandeur nature je coure et je me demande qu’est ce que je vais me fixer comme objectif. Au regard des temps déjà fixé je me dis que faire les dix kilomètres en 50 minutes c’est pas mal. Nous sommes le jour de la course, à quelques heures de la course je mange, puis je vois que je n’ai qu’une épingle à nourrice pour fixer mon dossard, il faudra faire avec… Sur la ligne de départ de cette petite course locale il y’a pas mal de machine de guerre… Les conversations entendues évoquent toujours des histoires de coureurs. Si il y’a bien un sport ou on ne parle pas du sport que l’on est en train de faire c’est pas la course à pied. C’est quand même quelque chose pour les monomaniaques.

La course va commencer le départ est la la montre prête, le téléphone enregistrera toute la course, bing c’est partis. Le hasard veux que je suis juste à coté du donneur de temps, personne qui donne la cadence de la course. Je vais faire toute la course derrière lui et le perdrais de vue que sur le dernier kilomètre. Ce donneur d’allure c’est celui de 45 minutes pas le temps que je visais. Je suis cinq minutes plus rapide que ce que je voulais. C’est super ! Oui mais le bémol c’est que je suis arrivé complètement fumé à deux doigts de vomir et je le malaise est à ma porte. Rentré chez moi avec mes enfants et ma femme qui m’accompagne je suis tout de même content presque satisfait de cette performance. Je fais mes petits calculs et je tombe sur une réalité je suis à plus que ma vitesse visée pour le semi ! Ca y’est le sujet de la vitesse peut être réglé ! Le nouveau problème est comment ne pas vomir…

Maintenant que je sais que cette vitesse n’est pas de la science fiction, il faut que je me donne des objectifs de vitesse pendant ce mois qui vient. Mais comment faire ? La réponse c’est faire une feuille de calcul avec la distance et la vitesse visée. Pour faire simple j’ai fais un petit simulateur pour faire ce calcul, peut être une idée d’application pour android ? Dans ce simulateur je rentre la vitesse cible et cela me donne le temps pour faire un tour de stade, tellement simple… Je fais mon échauffement et ensuite je vais au stade, positionne ma montre en mode compte à rebours et je tourne dès que ça sonne je dois être sur la ligne. Les premières fois c’est horrible, j’ai même en mémoire un objectif de huit tours ou je décide au bout de quatre tours de rentrer chez moi. Sans commentaire.

Pour terminer ce premier volet qui est l’entrainement je voudrais rajouter que le fait de m’être mis cet objectif en ligne de mire c’est une question. Pourquoi ? Pour échapper au présent et me construire un autre présent, c’est pour fuir ? C’est pour vivre plus fort ? Aucune idée mais j’ai quand même quelques réponses, c’est avancer, c’est affronter sa peur, c’est vouloir sentir la vie. Peut être que faire tous les entrainement avec un pulvérisateur de ventoline dans la poche c’est aussi une autre forme de combat.

La journée qui précède la course je vais aller chercher mon dossard à vélo, accompagné de la pluie sur le parcours je me dis que la course va être longue par un froid pareil et avec cette pluie, il n’en sera rien. Arrivé sur le lieu du retrait des dossard, il y’a une ambiance, les gens qui courent partout, les gens respirent la bonne santé, tout ce petit monde se dirige vers le lieu, ce bâtiment dans lequel les marques on payés pour être présentes. Quelques instants plus tard je ressortirais avec mon dossard.

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Rentré à la maison la veille de la course je me prépare des pâtes puis encore des pâtes puis je n’ai pas vraiment la tête à manger, je me rends compte que je stress. Comment stresser pour un objectif que je me suis fixé et que seul moi connais, le comble de ridicule.

La nuit précèdent la course je dors mal, vraiment mal, j’ai mon réveil qui doit se déclencher à 6h…. Sur les conseils d’une amie, j’ai réalisé qu’il fallait que je déjeune trois heures avant le début de la course pour que ma digestion soit complète. C’est quelque chose que je ne fais jamais à vélo ou je mange juste avant de monter sur mon vélo. Je me vois mal lorsque je vais faire des sorties vélo me réveiller trois heures avant pour prendre mon petit déjeuner. Enfin pour cette fois je vais faire comme on me le dit et je vais me prendre mon petit déjeuner trois heures avant. Donc à six heures du matin je me retrouve devant une assiette de pâtes complètes, c’est pas très bon, mon plaisir n’est pas vraiment présent, afin visiblement il faut passer par là. Suite à ce petit déjeuner de champion je retourne me coucher sans vraiment retrouver le sommeil, alors je somnole en attendant que les minutes passent. Ca y’est c’est l’heure.

Mes affaires sont prêtes depuis la veille elles m’attendent, mon collant magnifique, mon t-shirt rouge, mon top à capuche mes Asics en 42 et mes superbes chaussettes, nous sommes prêts ! Alors direction porte de Vincennes. Sur le périphérique il y’a beaucoup de monde, et beaucoup de pesronnes avec des baskets. C’est bien simple la sortie de porte de Vincennes est bouchée les voitures sont à l’arrêt et avec mon petit scooter je me glisse entre tout ça pour finalement rejoindre la place du château de Vincennes. C’est plein de coureurs, il y’en a partout des qui coureurs des qui poussent les arbres des qui urinent contre les arbres. C’est un tableau vivant, j’aimerais tant avoir un beau tableau de ce moment avec tous ces petits personnages affairés à leur préparation à ces petites minutes qui précèdent un évènement pour la plus part d’entre nous depuis longtemps planifié.

Les minute passent je me positionne pour prendre le soleil radieux de ce dimanche matin qui nous accompagnera pendant toute la course, je fais mes petits échauffements un peu atypique mélange d’échauffement de tous les sports que j’ai pu pratiquer… S’echauffer les muscles du coup pour un coureur c’est un peu bizarre… Enfin tout ça c’est moi alors pas la peine de copier qui que ce soit, les échauffements c’est mon truc :-) Juste à coté de moi la ligne d’arrivée avec des présentoirs à médaille, je calcule rapidement quel pourrait être le poids global de toutes ces médailles. Je pense qu’il y’a pratiquement une tonne de médaille, c’est impressionnant.

Ca y est il est l’heure de rejoindre le sas, rien que le nom est terrible, un parcage en bon et du forme avec des grilles et des coureurs dedans l’ambiance est bon enfant, un gros ballons et tapé par le coureur et celui-ci flotte au dessus des têtes. Ambiance de fête foraine. Je suis dans le sas bleu c’est à dire les personnes qui veulent faire 1h40. Donc il n’y a que des sportifs, pas d’obèse ni de ventripotents que des coureurs. Le fait d’être la au milieu de la foule est quelque chose de motivant mais je ne me laisse pas gagner par le stress je fais mes petits exercices de respiration, il y’a du soleil pas de vent la température est idéale, je suis bien, si la course était annulée je ne serais pas déçu.

Nous y sommes le départ est lancé ! Je pars sur un rythme, ma montre est réglée pour 4’40 c’est à dire que je devrais normalement faire un kilomètre en 4’40 c’est plus que ce que j’ai en tête mais c’est comme ça. Je vais globalement courir à ce rythme pendant plusieurs kilomètres. Je ne pense pas pouvoir tenir à ce rythme, mais qui n’essaie pas… Les kilomètres passent et le donneur d’allure 1h40 est toujours derrière c’est bon signe ! Ce n’est qu’au kilomètre 14 que je vais voir le donneur d’allure arriver. Je vais tenter de le suivre mais c’est dur, j’ai l’impression d’un peu flancher, mais je m’accroche. Les kilomètres passent les uns après les autres, l’indication sur ma montre n’a plus beaucoup d’importance, il faut tenir… Au kilomètre 19 une douleur dans la cheville vient me prendre plus les foulées s’enchainent plus la douleur est présente nous ferons avec. Puis voila nous sommes plus qu’à quelques mètres puis c’est fini !

A l’arrivée surprise Michel est la vraiment un hasard, il est la pour faire des interview des possesseurs de tomtom truc machine gps. Nous échangeons quelques mots et je m’éclipse je traverse la foule et regagne un espace libre ou je vais faire quelques étirements. Bon sang ! La course est terminée mon temps et bon 1h43 c’est vraiment une satisfaction. Bien sur dans toute épreuve on pense aux quelques secondes que l’on aurait pu gagner mais la gourmandise est un péché.

Pour les statistiques ça me place dans le premier tiers, mon égo est à son comble. Rentré à la maison je compare mon temps avec ceux des personnes que je connais et je suis content, tout simplement content. Mes efforts ont payé. L’entrainement à payé, les concessions ne sont pas des friandises.

Voila je vais maintenant soigner ma cheville et laisser le temps passer pour me fixer sur un nouveau projet peu être un marathon pour mes quarante deux ans, affaire à suivre.

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