Je suis un kit surfeur, enfin… Presque !

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Depuis le début du lancement de ce sport je voulais en faire, c’est à dire pas forcément tous les weekend mais savoir à quoi ça ressemble. Les années, les enfants, le travail et toutes ces petites choses qui empêchent de faire les choses que l’on voudrait vraiment faire, m’ont fait attendre et encore attendre avant de pouvoir essayer le kit surf !
J’avais tout de même bien anticipé, en achetant en 1998 un cerf-volant de traction, avec lequel je faisais du skateboard sur les routes calmes de mon village.
C’est donc bien calé dans mon fauteuil de travail que je découvre le plis du CE dans lequel est proposé un séjour de kit-surf, après quelques secondes d’hésitation je décide que je ferais bien de prendre mon destin en main et de faire ce stage… Les formalités familiales effectuées je me lance dans l’inscription.

Quelques semaines plus tard je me dis que ça va vraiment le faire ! Une semaine complète de glande, enfin j’me comprends, ce que je veux dire c’est que dans ce genre de séjour, il n’y à rien à gérer, pas la bouffe, pas de matos à trimbaler, réparer… Que de la glande !

Le jour du départ est là, ma petite femme m’accompagne à l’aéroport et let’s go dans l’avion.
Arrivé à casa en attendant l’avion pour Dakhla je réalise que je me demande bien ce que je fais la, seul sans pote avec qui partager cette aventure.
Je croise une blonde en train de fumer une clope dans un couloir assise dans un escalier, je lui taxe du feu et m’en grille une petite.
Plus tard dans l’avion pour Dakhla je réalise que c’est vraiment le bout du monde, par le hublot je vois du sable mais aussi ça

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Arrivé à l’aéroport je comprends que c’est hostile, pas d’arbre à part quelques palmiers suralimentés en eaux et des sacs plastique dans tous les sens, ça y’est c’est l’Afrique !

Mon bagage récupéré, le douanier me demande d’ouvrir mon sac, je lui dis que ça n’est pas la peine que je n’ai rien de particulier, pas d’alcool, pas de cigarettes, et je passe. C’est la que je réalise que je ne sais pas qui retrouver, j’ai bien identifié quelques personnes qui devraient faire partie du groupe mais sans plus. Je demande aux gars dans le hall qui sont armés de panneaux, mais ça ne colle pas… J’attends. Au final la blonde est une instructrice, c’est Emilie, un phénomène ! Le groupe se forme, nous regagnons une vanette et nous voila partis pour le camp de base, deux check-point plus loin nous arrivons. Le coin est magnifique et assez dépaysant

Tout ce petit monde regagne son petit bungalow gentiment et je me retrouve avec trois compères.
Le lendemain matin, on nous présente le matos, les boards, les voiles, le stick et tous les chichis de kit surfeur. Y’a pas énorme de matos mais tout de même on voit bien que y’à d’la ficelle dans tous les sens et que ça doit pas être trop compliqué de faire des nœuds.
Dans l’après midi nous irons dans l’eau avec les voiles; nous serons deux à se partager une aile. Le maniement et pas forcément simple, positionner la voile dans un secteur puis la faire se déplacer la stabiliser puis à nouveau la repositionner demande de gros efforts intellectuels. A la fin de cette première journée, je me dis que ça va pas être si simple…

Le second jour nous avons un gros brief sur la sécu, le largage, déjà que je me disais que cette voile est dangereuse, la j’en suis sur, c’est pas safe. Je me demande même si la présence d’un coupe fils ne serait pas nécessaire, je me renseigne, les trois instructeurs en possèdent un.

Dans l’après midi nous verrons Quentin tracté au milieu de l’eau avec son aile qui part dans tous les sens, enfin elle tourne sur elle même dans un looping interminable et il finira par larguer.
Avec mon binôme on commence à faire un peu de nage tractée. Bon lui le kit ça va pas être son truc, il est plus en mode je prépare mon marathon.

Le troisième jour, nous effectuons quelques manips de sécu, largage de l’aile, retour à la plage en mode Robinson Crusoé, c’est à dire directement dans l’aile.
A la fin de journée nous effectuons encore un peu de nage tractée puis miss Emilie me glisse un planche sous les pieds, quelques conseils après je fais mon premier départ pour tomber quelques mètres plus loin ! Ca y’est j’ai fait ma petite glissade sur l’eau.

Pendant toute la soirée je me demande comment demain je vais faire pour partir tenir un cap et remonter au vent.

Le groupe commence à se former les langues bougent, les échanges commencent, le partage s’opère.

C’est à chaque fois la même chose dans les groupes sportif il y’a l’action puis les discussions autour du sport. Ici ça n’est pas trop le cas. Sans doute notre groupe n’est pas trop dans l’esprit « ride and fun » mais plutôt dans la mouvance « work and get a rest far away »

Le soir petite promenade dans le centre de Dakhla accompagné de la liste des courses que je dois faire pour mes petits camarades. C’est partis pour une recherche d’huile d’argan que je ne trouverais pas, de cacahuètes que je trouverais facilement, et de chocolat, qui pareillement se trouve sans problème.

Le lendemain je décide de ne pas aller à l’eau une de mes côtes me fait mal, c’est supportable mais je sens qu’il faut que je prenne soin de mon petit corps.
Je passe la matinée à glander, le top, la glande intégrale avec des personnes qui font à manger ! Ca me change des randos à la roots où faire un thé veut dire retrouver de l’eau pour le soir.

Voila nous sommes l’après midi. La veille j’ai commencé à comprendre comment fonctionne la voile, je bouge je bouge mais je ne remonte pas au vent…
La avec les bons conseils, les je tiens la barre avec une seule main, les tourne le buste, les appuis sur le pied arrière et bien ça y’est je remonte au vent, le top !
Je prends vraiment du plaisir mais cette côte me fait mal, vraiment mal alors je décide de stopper pour cette journée et je pense que c’est la bonne décision.
Je rentre au bord pose l’aile qui se mets en vrac je tire un peu sur une des lignes pour la remettre correctement est la c’est le drame !
L’aile commence à se mettre en rotation je suis embarqué. Je reste zen et large ma première sécurité, pas d’effet je suis embarqué.
Je large la deuxième sécurité et la je comprends que je suis dans une grosse situation de merde ! Je me fais embarqué par l’aile les deux sécurités sont larguées mais ça continu de tirer j’alterne entre le mode tête hors de l’eau et tête dans l’eau et je vois bien que dans quelques minutes à ce rythme la je vais me noyer.
Je vois aussi que je suis à un mètre du bord je vois la tête de mes camarades passer et je continue de me faire tirer comme un sac. La d’un seul coup Yvan mon sauveur se jette sur moi et coupe le fil rouge… Je sors de l’eau j’ai très mal à ma côte, je suis plus que fâché contre moi ! Comment ai-je pu me faire avoir par l’aile…

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Donc le kit pour ce séjour c’est mort je n’arrive plus à tousser qu’au prix d’une grosse douleur, il ne reste plus qu’une journée et comme par hasard l’espèce de turbine qui nous a alimenté pendant une semaine semble se mettre en pause… Pour ceux qui veulent voir des signes là il n’y a cas ouvrir les yeux.

Le lendemain nous prendrons l’avion le retour est calme et agréable, je quitte Dakhla en sachant que le spot est là. Que les stats de vent ne vont pas changer tout de suite…

Voila fin d’un séjour, je suis peut être passé à deux doigts de me noyer dans un mètre d’eau, j’ai appris les bases pour démarrer et remonter au vent. Ce sport est terrible pas très physique, un peu technique, un vrai truc de branleur c’est pour moi :-)