Les bords de Loire, à bicyclette.

Tout commence par une idée, faire une grande promenade à vélo. L’idée est lancée et après de longs palabres avec ma chérie débouchent à une conclusion, « Il faut le faire ! ».  Nous sommes fixés sur la date, le parcours quant à lui va être déterminé par les endroits où nous allons pouvoir dormir, tout simplement. C’est surtout la première fois que nous allons faire tous les deux une boucle de ce genre, qui sera la première, j’espère d’une longue série. Ce n’est que quelques jours avant le départ que les réservations seront faites par madame qui est dans un état de stress dans laquelle elle évolue malheureusement bien trop souvent. Pour ma part je suis très indécis sur le vélo que je vais utiliser. Avoir de nombreux vélos fait que le choix est cornélien, mais un choix de raison lié à une considération basique qui se résume à il faut un porte bagage me font choisir un vélo acheté en brocantes à quelques euros il y’a plusieurs années.

La veille à minuit passé je suis encore en train de préparer mon vélo, à démonter les freins, remonter un porte bagage, resserrer le pédalier et la colonne de direction et changer la selle. Ce n’est pas de la procrastination, c’est simplement lié au fait que je ne pouvais le faire avant.

Le matin  nous partons guilleret et nous allons direction Château-Landon, rapidement le mauvais temps prévu nous accueille avec une petite averse et nous nous abritons sous un abri bus. Rapidement un habitant entame la discussion, principalement axée sur le temps qu’il fait et sur la faible production de son potager, à l’entendre c’est une première et du jamais vu de vie d’homme, le dérèglement climatique n’est sans doute pas qu’un concept.

La pluie passée nous continuons et sommes à nouveau frappé par une averse et j’installe un petit campement de fortune dans un petit bois. Nous restons là tranquillement à discuter en laissant passer l’averse. Quelques kilomètres plus loin, nous nous arrêtons prendre un verre sur la place d’un village, nous sommes le quatorze juillet et malgré cela tout est calme. Pendant que je bois mon anisette un grand-mère fait un pas chassé un peu hasardeux qui la conduit au sol avec une plaie saignante sur l’arrière du crâne. L’ambiance est donnée est quelques secondes après notre départ nous entendons le bruit des sirènes. Nous continuons poussé par un vent léger qui nous fait avaler les kilomètres sans grand effort. Nous trouvons une place dans un bourg est nous entamons une petite sieste, enfin surtout moi. Un peu hagard nous enfourchons nos vélos et traversons la forêt d’Orléans, c’est  un plaisir, c’est plat et nous nous dirigeons facilement sur Jargeau. Le soir nous nous faisons accueillir par un couple venus de Madagascar, lui est au chômage est RB&B lui permet d’avoir un complément finance, ça ne respire pas l’opulence.

Le deuxième jour on entame la vraie partie, c’est-à-dire celle qui suit la Loire, plus besoin de la carte il suffit de suivre les petits panneaux. La parcours est vraiment joli, les maisons qui le jalonnent sont finement décoré, la météo est clémente les nuages sont beaux, nous avons beaucoup de chance de profiter ce beau spectacle. Les kilomètres s’enchaînent sans gros effort, tout est plat et nous vélos fonctionnent parfaitement. Je m’attendais à ce que ma chérie peinent mais ce n’est pas le cas, la motivation et les paysages doivent y être pour beaucoup. Nous faisons halte le midi sur les bords de Loire et nous prenons notre petite collation, puis au moment de nous remettre en route nous sommes sollicités par trois jeunes filles qui semblent avoir un petit problème de crevaison. Elles tombent bien, j’ai dans mon sac tous les outils nécessaires et je fais la réparation. Le plus amusant ce que la jeune fille est ingénieur en mécanique et qu’elle a effectué un stage chez Shimano à Singapour et comble elle ne sait pas changer une roue ni remettre un frein en place. Nous partons chacun de notre côté avec les sourires de circonstances. Nous continuons notre petit périple et nous arrivons après bien des chemins à Chatillon-Sur-Loire, le gite dans lequel nous sommes et fort plaisant, un grand domaine avec une vue sur des lacs, l’hiver avec la brume cela doit être magnifique. Le soir nous allons au bourg, éloigné de plus de huit kilomètres avec un joli faux plat qui au retour je le sens va être un peu difficile. L’apéro pris nous allons dans un petit restaurant nommé l’Arlequin, le décoration est pathétique mais les mets servis y sont délicieux et après maintenant trois Pelforth nous partons, il fait nuit nous avons nos frontales et nous entamons le retour, moi je ne suis plus tout frais et là c’est presque le drame un véhicule sans permis nous double dans la côte et manque de me rentrer dedans et ce malgré les mouvements que j’ai effectué avec ma petite lampe, à coup sûr son taux d’alcoolémie est sans doute plus élevé que le mien, je regarde le ciel et je dis merci à ma bonne étoile, que je sollicite beaucoup, combien de fois je suis passé juste à côté du drame…

Le lendemain c’est la dernière journée la fin de la boucle et nous avons une belle étape, le matin nous nous égarons un peu et nous mettons quelques temps avant de trouver le chemin à prendre. Assez rapidement nous arrivons sur le pont canal, un ouvrage incroyable et tous les détails sont étonnants tels les petits candélabres qui bordent le pont. Nous restons là un moment et nous nous remettons en route. Les bords du canal de Briare après la crue sont en mauvais état et circuler la dessus à vélo est vraiment éprouvant, je vois que ma chérie à pas de difficultés et ça commence à râler, nous continuons et arrivons à Ouzouer-Sur-Trézée, quelques enfants sont là à pécher au milieu du passage des péniches. Nous nous ravitaillons en charcuterie et nous allons faire repas quelques kilomètres plus loin. Les chemins de hallages ne sont pas circulables et nous décidons de changer d’itinéraires pour aller emprunter la route, c’est dommage mais c’est nos dos qui nous remercient de ce choix. Nous arrivons à Rosgny-Les-Sept-Ecluses, l’ouvrage comme celui du pont canal est remarquable, imaginez sept écluses en enfilades le tout pour faire emprunter aux péniches un chemin qui passe par une grosse bute. Nous continuons et arrivons après quelques efforts à Chatillon Coligny ou j’enchaîne deux Pelforth, c’est sûr qu’avec la chaleur je suis bien. Nous quittons Chatillon et nous entamons notre retour, il fait chaud les corps souffrent un peu et nous arrivons après une dernière pause faite à Ferrières-En-Gâtinais à regagner notre point de départ.

Ça y’est cette boucle nous l’avons faite et nous heureux d’avoir effectué ce périple, c’est sans doute la première d’un longue série, enfin c’est ce que je souhaite.