A la ligne – Joseph Ponthus

A la ligne – Joseph Ponthus ou Baptiste Cormet ?

Va bosser mon petit bonhomme !
Ce livre m’attire en même temps qu’il me dérange. Il décrit quelque chose qui me rappel mes heures passées dans une usine avec mon tire palette à sillonner les rayons de yogourts.
Ces heures ou le temps semble n’être que des bouts de chose qui passent si lentement. Ce temps ou seul la pause, celle du repas dehors à la lumière, celle de la sortie pour aller se reposer compte. Le temps à l’usine il est distordu.
Alors quand je lis les pages du livre, je retrouve l’ambiance, la bêtise à tous les niveaux, l’entraide entre les riens qui sont la toujours. Toujours les mêmes. Cela oui je le retrouve, mais il y’a un quelque chose qui me gène.
Ce n’est que lorsque que termine le livre et que la matière se pause que je commence à y voir plus clair.
Ce qui me gène ce n’est pas le livre, lui il me plait presque, mais c’est son auteur.
Ce qui me dérange c’est cette forme d’imposture, cette imposture de classe. On ne devient pas un rien par la volonté.
On devient un rien par la misère, il ne suffit pas de fumer du tabac brin, ni de tousser pour être un vrai.
Etre un vrai, c’est de ne pas avoir d’avenir, c’est avoir abandonné l’espoir de quelque chose de meilleur. C’est juste espérer que la vie puisse être un peu moins dure.
Alors cet auteur avec tous ses diplômes et ses études, sa culture et tous ses livres, dans ce monde de rien, c’est un clown !
Un clown qui s’imagine en être parce qu’il est avec les riens, c’est un véritable imposteur. Au mieux on pourrait le qualifier de journaliste.
Passer un an avec les riens ne fait pas de toi un rien.

Etre avec ceux qui n’ont rien c’est facile, on se sent plus grand, être grand dans le regard de l’autre c’est facile.
Je comprend à présent parfaitement ce regard particulier, et ce qui est écrit sur les chefs dans le livre, avec cette forme de lutte des classes.
C’est facile de chercher à rester petit lorsque l’on est grand, facile de ne pas accepter la compromission du pouvoir et de le laisser aux autres.
Voila pourquoi ce livre me fait réagir. C’est cette forme d’hypocrisie, de ceux qui critique la guerre et qui vivent dans un pays en pays.
Ceux qui vivent dans un pays en guerre voudraient la paix, et ne plus parler de la guerre.

Alors faut-il lire ce livre ? Hé bien franchement, je ne sais pas.

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